
Les interdits d’Actes 15:29 s’appliquent-ils encore aujourd’hui ?
Le concile de Jérusalem (Actes 15:29) imposait aux croyants non-juifs de s'abstenir de viandes sacrifiées aux idoles, de sang et de débauche. Ce texte est-il encore une règle à suivre ? Le pasteur Marc Pernot montre que Paul lui-même relativise cet interdit, invitant à discerner en conscience et en liberté plutôt qu'à appliquer la lettre d'une loi.

Question posée :
Bonjour,
je voudrais savoir à qui était adressé le verset 15:29 des Actes des Apôtres à l’époque, ce qu’il signifie, et s’il est toujours d’actualité. Merci pour votre réponse.
Il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire : de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de la débauche, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu.
(Actes 15:28-29).
Réponse d’un pasteur :
Bonsoir,
Lire la Bible comme une question, non comme une loi
Je ne pense pas que l’on puisse lire les paroles de la Bible comme une loi, mais plutôt comme une question, comme vous le faites. Si on lit la Bible comme des commandements divins, alors on risque de tout prendre à la lettre. Or, comme le dit Paul, « la lettre tue, c’est l’Esprit qui fait vivre » (2 Corinthiens 3:6).
Paul lui-même relativise cet interdit
Sur la base de ce verset, on pourrait penser que c’est une jolie règle fixée. Pourtant, le même apôtre Paul, qui est présent dans cet épisode, dit :
- aux Romains : « Je sais et je suis persuadé par le Seigneur Jésus que rien n’est impur en soi, et qu’une chose n’est impure que pour celui qui la croit impure. » (Romains 14:14). Libérant ainsi les fidèles de manger toutes les viandes.
- aux Corinthiens : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. » (1 Corinthiens 6:12).
Paul aborde l’interdit de manger des viandes sacrifiées aux idoles d’une façon ouverte : il réfléchit à ce que cela peut impliquer ou non de le faire, il prend en compte la personne elle-même et son entourage, il propose différentes réponses selon les situations (1 Corinthiens 8 et 10).
Un interdit non absolu, une liberté à discerner aujourd’hui
Donc cet interdit de manger des viandes sacrifiées n’était manifestement pas absolu, même à l’époque. Et de toute façon, dans la confiance que nous avons en Dieu, vous pouvez vous sentir très libre de discerner par vous-même ce qui est juste, Dieu vous éclairant et vous accompagnant.
Et la Bible aide beaucoup, car elle est pleine de bonnes questions.
Cet interdit de manger des viandes sacrifiées à d’autres dieux ne nous concerne pas directement aujourd’hui, il est vrai. Mais ce texte nous donne à réfléchir, car nous aussi vivons dans le monde, en société : la question se pose tous les jours de nous adapter à la réalité de la vie en ce monde tout en gardant une vraie conscience et notre liberté de faire nos choix, la nécessité de s’adapter à la vie et à nos proches, en faisant des compromis nécessairement, en cherchant à faire au mieux sans être intégriste, en cherchant à ne pas perdre son âme pour autant. Le faire en conscience, en se donnant les moyens de réfléchir, en se donnant le temps de prier, confiant dans l’amour de Dieu qui comprend nos difficultés.
Dieu vous bénit et vous accompagne.
Par : pasteur Marc Pernot
En écho à ce texte :
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