La promesse des temps messianiques d’Ésaïe 11 : Le loup et l’agneau
Alors un rameau sortira du tronc d’Isaï (le père du roi David),
Et un rejeton naîtra de ses racines.
L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui :
Esprit de sagesse et d’intelligence,
Esprit de conseil et de force,
Esprit de connaissance et d’attachement à l’Éternel.
Il respirera l’attachement à l’Éternel ;
Il ne jugera point sur l’apparence, il ne prononcera point sur un ouï-dire. Mais il gouvernera les pauvres avec équité, et il parlera avec droiture des malheureux de la terre ; il touchera la terre de sa parole comme d’une baguette magique, et du souffle de ses lèvres il fera disparaître la racine de la méchanceté. La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins.
Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse seront ensemble, et un petit enfant les conduira.
(Ésaïe 11:1-6)
Cette promesse parle du Christ attendu, et aussi de toute personne recevant son salut, donc de nous-mêmes. Magnifique promesse, révélélatrice d’une magnifique théologie : celle de Dieu qui nous donne son Esprit afin de nous augmenter, de faire de nous une source de vie : que la vie sur terre soit bien plus vivable, heureuse et juste.
Ce passage annonçant le Christ et son Évangile comprend cette promesse célèbre que « le loup habitera avec l’agneau« . Jésus, le Christ, se serait-il concentré sur l’évangélisation des loups ? Oui, dans un sens : par l’Esprit et ses dons puissants en nous, Christ espère que le loup qui est en chacun de nous deviendra un loup gentil et même bienfaisant. C’est ainsi que ni Dieu ni le Christ ne massacrent les méchants (ils se seraient alors laissé contaminer par le loup féroce), au contraire : Dieu nous envoie, le Christ et nous à sa suite, pour essayer de faire en sorte que la méchanceté en chaque personne disparaisse au souffle de l’Esprit.
Qui est ce petit enfant qui conduira les animaux sauvages enfin devenus gentils ? Les chrétiens y ont reconnu Jésus que nous fêtons à Noël, le Christ. Il ne gouverne pas par la force, ni par des menaces, ni des ordres auxquels nous devrions nous soumettre, mais le Christ nous envoie l’Esprit. Ce petit enfant est alors notre âme qui conduira toutes les dimensions de notre être : le loup gentil en nous, l’agneau, la panthère magnifique et puissante…
C’est cette page d’Évangile qui met en récit un joli récit de la vie de François d’Assise. Là aussi, le récit parle au sens figuré. Cet homme bon, sincère et inspiré qu’est François d’Assise s’adresse à travers au loup qui rôde en nous, cherchant à le toucher, le plaçant sous la bénédiction de Dieu qui nous est donnée en Christ. François arrivera-il à toucher ce loup ? Cette histoire nous aide aussi avoir le courage d’entreprendre de convertir, avec l’aide de Dieu, ce loup qui sommeille ou qui hurle en nous et dans notre humanité parfois féroce.
Du très saint miracle que fit saint François quand il convertit le très féroce loup de Gubbio
Dans le livre « les fioretti de François d’Assise », au chapitre 21 :
Au temps où saint François demeurait dans la ville de Gubbio, parut dans le pays un très grand loup, terrible et féroce, qui dévorait non seulement les animaux, mais aussi les hommes ; en sorte que tous les habitants étaient dans une grande peur, parce qu’il s’approchait souvent de la ville. Tous allaient armés quand ils sortaient, comme s’ils allaient à la guerre ; et malgré cela, on ne pouvait s’en défendre quand on se trouvait seul à le rencontrer. Par peur de ce loup, ils en vinrent au point que personne n’osait sortir de la ville.
Cela donna à saint François compassion des hommes de ce pays, et il voulut sortir au devant de ce loup, bien que les habitants le lui déconseillassent vivement. Mais lui, faisant le signe de la sainte croix, il sortit de la ville avec ses compagnons et plaça ainsi toute sa confiance en Dieu. Et les autres, hésitant à aller plus loin, saint François prend le chemin vers le lieu où était le loup. Et voici que, devant beaucoup d’habitants qui étaient venus voir ce miracle, ledit loup alla à la rencontre de saint François, la gueule ouverte ; et saint François, s’approchant de lui, fit sur lui le signe de la croix, l’appela à lui et lui parla ainsi : « Viens ici, frère loup, je te commande de la part du Christ de ne faire de mal ni à moi, ni à personne. » Admirable à dire ! Aussitôt que saint François eut tracé la croix, le terrible loup ferma la gueule et cessa de courir. Et, le commandement fait, il vint paisiblement comme un agneau se jeter couché aux pieds de saint François.
Alors saint François lui parla ainsi : « Frère Loup, tu fais beaucoup de dommages en ces endroits, et tu as commis de très grands méfaits, abîmant et tuant les créatures de Dieu sans sa permission. Et non seulement tu as tué et dévoré les bêtes, mais tu as eu la hardiesse de tuer et d’abîmer les hommes faits à l’image de Dieu ; pour cela tu mérites les fourches comme un voleur et un assassin très méchant, et tout le monde crie et murmure contre toi, et toute cette contrée t’a en inimitié. Mais je veux, frère Loup, faire la paix entre toi et ceux-ci, que tu ne les offenses plus, et qu’ils te pardonnent chaque offense passée, et ni les hommes, ni les chiens ne te persécuteront plus. » Ces paroles dites, le loup, par les mouvements de son corps, de sa queue et de ses oreilles et en inclinant la tête, montrait qu’il acceptait ce que saint François disait et qu’il voulait l’observer…
(Les Fioretti de Saint-François d’Assise, chapitre 21)
Une prière Franciscaine « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix »
Nous connaissons ce magnifique « Cantique des Créatures » de la main même de François d’Assise, mais la prière que je voudrais partager avec vous en rapport avec cette histoire du loup de Gubbio est dans l’esprit de François d’Assise (probablement écrite par le père Esther Auguste Bouquerel) :
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix :
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour,
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon,
Là où il y a la discorde, que je mette l’union,
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité,
Là où il y a le doute, que je mette la foi,
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance,
Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière,
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.Ô Maître, que je ne cherche pas tant :
À être consolé… qu’à consoler,
À être compris… qu’à comprendre.
À être aimé… qu’à aimer.Car,
C’est en donnant… qu’on reçoit,
C’est en s’oubliant… qu’on trouve,
C’est en pardonnant… qu’on est pardonné,
C’est en aimant… qu’on ressuscite à la vie éternelle.Amen.
Une publicité récente au succès planétaire
La nouvelle publicité de Noël d’Intermarché est dans cet esprit de conversion de notre loup intérieur. Avec aussi l’importance de petits gestes de bonté et de courage dont nous bénéficions, nous aidant à avancer.
