Le bon Samaritain (Luc 10, 27-35)

Par : pasteure Laurence Mottier et Corinne Vonaesch

Que vaudrait la douceur
Si elle n’était capable,
Tendre et ineffable,
De nous faire peur ?
Elle surpasse tellement
Toute la violence
Que, lorsqu’elle s’élance,
Nul ne se défend.

Vergers, Rainer Maria Rilke

Peinture de Corinne Vonaesch "Le Bon Samaritain" (Luc 10, 27-35)

Peinture de Corinne Vonaesch
« Le Bon Samaritain »
Luc 10, 27-35

Au cœur de notre Bible il y a ce commandement d’amour : tu aimeras Dieu ton prochain comme toi-même. Tenir ces trois pôles et n’en lâcher aucun. Ni Dieu ni l’autre ni moi.

Au cœur de notre Evangile il y a cet amour en marche qui vibre qui touche et qui est touché, qui transforme le monde et ma vie
Jésus, source de cet amour immense, incommensurable inconditionnel pour tout être quel qu’il soit
Devant cette immensité d’amour, il y a de quoi être questionné et remué. Gêné, dérangé peut-être.

Aimer, ce n’est donc pas un ensemble de codes, de prescriptions et de devoirs moraux, ce n’est pas choisir celles et ceux qu’on aime et ignorer ou dédaigner tous les autres, ce n’est pas un vague sentiment de sympathie et d’altruisme pour l’humanité en général.

Dans notre récit, cet Amour a à voir avec une faille.

Penchons-nous sur cette faille d’où jaillit le mal aveugle et absurde qui frappe un homme sur ce chemin –vous ou moi – et le laisse blessé, ensanglanté, inconscient, à demi-mort et cloué là, totalement vulnérable

De l’autre côté de la faille, il y a les entrailles d’un autre homme, vous ou moi -qui sont touchées et remuées.
Rahamim mot hébreu qui signifie la matrice l’utérus. Les rahamim de Dieu, c’est son utérus qui vibre de compassion pour nous et qui le rend proche de nous, notre prochain; dès que je suis touchée au ventre, il y a quelque chose de la compassion de Dieu qui vient vibrer au fond de moi…
C’est cette compassion qui fait s’approcher l’homme de Samarie: il voit, il est remué au plus profond et il agit.

Le Samaritain n’est pas qu’une âme sensible. Il prend cette douleur avec lui. Il s’en charge. Il se charge de l’homme blessé. Et il va jusqu’au bout pour lui.
L’homme meurtri et le Samaritain anonyme sont inséparables, comme l’est la blessure de la compassion.
Et la blessure se tient poignante entre le gouffre de la souffrance et l’abîme de l’amour.

Laurence Mottier, pasteure
Art et foi

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